Entreprendre en période de confinement – interview de Frédéric Garcin directeur d’Uniforme Prestige

La crise du coronavirus est une épreuve inédite pour la grande majorité des Français. Bien évidemment c’est avant tout une période difficile humainement au regard du nombre de personnes emportées par la maladie. Mais le confinement a également eu un impact important pour toutes les entreprises qui ont vu leur activité suspendue. Si certaines entreprises n’ont eu d’autre choix qu’attendre la fin de la crise d’autres ont pu saisir des opportunités pour développer de nouvelles activités. C’est le cas de la société Uniforme Prestige qui s’est lancée dans la production de masques de protection pour répondre à ce nouveau besoin de ses clients. Frédéric Garcin, directeur d’Uniforme Prestige et diplômé de l’ESVE a accepté, à cette occasion, de répondre à quelques questions.

  1. Bonjour Frédéric, avant tout, pouvez-vous nous parler de vous, de votre parcours ? 

J’ai obtenu un BTS action commerciale à l’ESVE puis j’ai suivi d’une année de spécialisation en marketing dans la même école. Mes 3 années d’études se sont faites en alternance, dans une régie publicitaire où je vendais des espaces dans des magazines tels que les Inrockuptibles. J’ai appris le métier de commercial à la fois avec cette entreprise et grâce à l’école. 

À la fin de ma troisième année, j’ai eu des opportunités pour faire le même métier chez Europe 1 mais finalement le monde de la publicité ne m’intéressait plus autant et j’ai eu envie de voir autre chose. Au même moment, j’ai eu la possibilité d’être commercial dans l’entreprise familiale, Uniforme Prestige, une société fondée par ma mère 15 ans auparavant. En effet sa commerciale partait et c’était l’occasion pour moi de découvrir un nouveau domaine.

Je suis un vrai promoteur de l’alternance et des stages. Depuis l’âge de 15 ans, j’ai été poussé par mes parents à faire des stages régulièrement, de la manutention en supermarché, du tri de courrier… Tous les étés je devais faire un stage, chaque fois un peu plus long, pour découvrir le monde de l’entreprise. J’ai découvert le monde du travail assez jeune et cela m’a vraiment aidé à trouver mes repères dans une entreprise. Quand j’étais étudiant à l’ESVE, la moitié de la promotion était en alternance et l’autre moitié faisait des stages longs. L’alternance est en plus une vraie opportunité de décrocher un premier emploi. Quand une entreprise a formé un alternant pendant 2 ans, si tout s’est bien passé elle a envie de proposer un poste à une personne en qui elle a confiance. Je trouve en plus que les jeunes d’aujourd’hui sont plus matures que j’aurais pu l’être à leur âge.

Chez Uniforme Prestige, nous accueillons régulièrement des étudiants, principalement autour du stylisme, plus que pour la partie marketing/commercial, car c’est là que se trouve notre besoin en tant que petite structure. Nous essayons au maximum de les responsabiliser pour ensuite les recruter.

  1. Pouvez-vous nous présenter Uniforme Prestige ?

Uniforme Prestige est une société familiale qui a un peu plus de 30 ans. Elle est spécialisée dans la création et la fabrication d’uniformes. Nous proposons à chacun de nos clients, qu’il soit dans le secteur du tourisme, de l’aérien, de l’hôtellerie… un uniforme à l’image de ses produits et de sa marque.

Nos stylistes dessinent l’uniforme pour nos clients. Puis une modéliste crée le patronage du vêtement et ensuite nous produisons les uniformes, en France ou en Europe.

Depuis 7 ans, nous proposons également des uniformes scolaires car nous avons observé que cela revenait à la mode dans certains établissements scolaires. La solidité de nos produits est particulièrement adaptée aux besoins des écoles. Ce secteur est d’ailleurs rapidement devenu une part importante de notre chiffre d’affaires.

  1. Vous êtes aujourd’hui directeur d’une l’entreprise familiale, qu’est-ce que cela représente pour vous ? Qu’est-ce que cela signifie au quotidien ?

Être entrepreneur est une aventure formidable, j’incite les jeunes à devenir leur propre patron. On est encore plus impliqué, on pense nuit et jour à notre projet, on vie pour que notre société avance. La vérité d’un entrepreneur c’est surtout de résoudre pas mal de problème à chaque nouvelle journée. On doit régler les problèmes puis ensuite travailler au développement de la société, faire des actions commerciales… Avant tout on doit parvenir à résoudre divers problématiques, qu’elles soient administratives, financières, liées à la production… 

Le temps qui nous reste est ensuite consacré au développement de l’entreprise, à la recherche de nouveaux clients, à des manières de nous réinventer. Il n’y a pas de journée type et c’est vraiment quelque chose de formidable. Chaque jour amène un nouveau challenge mais aussi de grandes joies, lorsque l’on remporte un projet, que l’on livre un client ou que l’on voit des collaborateurs porter nos uniformes. Ce sont des récompenses pour notre investissement du début à la fin du projet.

  1. Alors que la France, comme de nombreux pays, est frappée par la crise du Coronavirus, vous avez décidé de produire des masques. Comment est née cette idée, est-elle liée à des engagements citoyens déjà existant de l’entreprise ?

Être chef d’entreprise c’est avoir une vision à long terme. « Est-ce que dans 5 ans je vais continuer à faire ce que je fais ? » Quand la société évolue il faut s’avoir s’adapter et être à l’écoute des besoins de nos clients. L’arrivée du confinement a d’abord amené un vrai questionnement. J’ai passé 15 premiers jours difficile car j’étais dans le flou. Pourtant un entrepreneur doit savoir mesurer les risques mais cette situation a créé une véritable incertitude.

Lorsque j’ai commencé à contacter mes clients pour prendre de leurs nouvelles, j’ai remarqué en parallèle que la plupart des usines de textiles française étaient mobilisées par l’Etat pour la fabrication de masques. Avec un atelier parisien avec lequel je travaille depuis des années, nous avons donc décidé de produire également des masques, pour les pharmacies et pour nos clients. Il a fallu alors créer une chaîne de production pour que les usines puissent produire en respectant les normes de sécurités liées à la pandémie. Nous avons donc organisé plusieurs ateliers de petite taille en région parisienne. 

Cette production nous a permis de vendre des produits pendant une période où nous ne réalisions aucun chiffre d’affaire. Elle a également créé des contacts avec des entreprises qui ne nous connaissaient pas encore comme Orange ou JC Decaux. Nous avons pu prouver le dynamisme des PME en France qui sont capables de mettre en place des idées très rapidement. Une réactivité que ne peuvent pas forcément avoir les grandes structures.

Produire des masques en cette période de crise est une action qui correspond également à nos valeurs. Des valeurs de respect, d’engagement citoyen. Si on veut bien travailler, il faut garder de l’humanité dans notre business, avec nos clients comme avec nos fournisseurs.

Ces valeurs peuvent notamment être développée, en parallèle du développement de l’entreprise, au sein de réseaux d’entrepreneurs. Ils permettent de réfléchir ensemble au bien-être des collaborateurs, à un meilleur management etc. Je fais par exemple partie du CJD (Centre des jeunes dirigeants d’Île-de-France). On peut également citer le réseau Entreprendre.

Si vous souhaitez commander des masques auprès d’Uniforme Prestige ou travailler avec cette entreprise, vous pouvez les contacter sur www.uniformeprestige.com.

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